Publié le 16 Avril 2018

Mises à jour du 18 mai 2020 :

4 cartes postales du paquebot La Champagne après son échouement

 

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Paquebot L'Atlantique
Paquebot L'Atlantique - Carte Postale

 

Le 4 janvier 1933, à 4h30, alors que L’Atlantique, paquebot de la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, fait route vers Le Havre, où il doit passer en carénage [série d'opérations de révision périodique, particulièrement de la coque d'un navire, effectuées en cale sèche] et subir quelques travaux, l’alarme incendie retentit. Les veilleurs de nuit viennent de découvrir un début d’incendie dans la Rue de la Paix [Coursive principale de L’Atlantique]. C’est le début de la fin pour un des plus luxueux paquebots français et, pour la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, un nouveau coup du sort… car, de 1912 à 1962, année durant laquelle la compagnie est en faillite et vend ses derniers paquebots (Louis Lumière, Laennec et Charles-Tellier), la Sud-Atlantique aura connu bien des déboires avec nombre de ses navires : abordages, incendies, naufrages…

 

La Compagnie de Navigation Sud-Atlantique (ou Compagnie Sud-Atlantique)

 

Au début du vingtième siècle, trois compagnies françaises assurent le service entre l’Europe et l’Amérique du Sud : la Compagnie des Messageries Maritimes, créée en 1851, la Société Générale des Transports Maritimes à Vapeur, créée en 1865 et la Compagnie des Chargeurs Réunis, créée en 1872. Leurs paquebots sont, malheureusement, dans l’impossibilité de rivaliser avec ceux des compagnies étrangères. Devant se rendre en Amérique du Sud et constatant l’état de médiocrité de la flotte française, Georges Clémenceau, alors Président du Conseil, fait en sorte qu’un groupe d’armateurs et de banquiers, s’unisse afin de créer, le 11 juillet 1911, la Société d’Etudes et de Navigation (SEN) qui prendra, le 8 février 1912, le nom de Compagnie de Navigation Sud Atlantique. La concession de la ligne Brésil-La Plata lui est accordée pour une durée de 25 ans.

Le 2 janvier 1912, la SEN passe commande du paquebot Lutetia aux Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire et du paquebot Gallia aux Forges & Chantiers de la Méditerranée à la Seyne sur Mer, ces paquebots devant être livrés au début de l’année 1913. Afin de pouvoir assurer le service pour lequel elle a été créée, la Sud-Atlantique achète des paquebots de seconde main et en affrète auprès d’autres compagnies maritimes.

En 1914, la compagnie est affiliée à la Compagnie Générale Transatlantique, puis à la Compagnie des Chargeurs Réunis à partir de 1916 et ce jusqu’en 1962.

 

Paquebots achetés ou construits (classés par date de mise en service)

 

Le paquebot La Bretagne (Mis en service le 14 août 1886). Acheté à la Compagnie Générale Transatlantique en juin 1912. Réquisitionné le 14 août 1914, il est transformé en navire hôpital sous le nom de Bretagne II. Rebaptisé Alésia en juin 1919, dans l’attente d’une remise en état, est finalement vendu à la démolition en 1923 sans jamais avoir repris son service. En décembre 1923, alors qu’il est remorqué, vers les Pays-Bas, il casse son amarre et coule au large de Texel (Pays-Bas).

Le paquebot La Gascogne (Mis en service le 18 septembre 1886). Acheté à la Compagnie Générale Transatlantique en juin 1912. Transformé en croiseur auxiliaire en août 1914, il est, en juillet 1915, placé à Salonique où il sert de dépôt. En novembre 1918, il retourne à Bordeaux où il est stocké en piteux état. Est démoli à Gênes en juillet 1919.

 

Paquebot La Gascogne
Paquebot La Gascogne - Carte Postale

 

Le paquebot Divona, ex. Ormuz de la compagnie Orient Line (Mis en service le 3 février 1887). Acheté à l’Orient Line le 10 avril 1912, il effectue, après travaux d’améliorations, son premier voyage le 19 octobre 1912. Réquisitionné le 5 décembre 1915, il est transformé en navire-hôpital. En avril 1918 il est rendu à la Sud-Atlantique. Avant même que la compagnie ne puisse effectuer des travaux de remise en état, il est à nouveau réquisitionné par le Gouvernement français et sert de transport de troupe. En mars 1920, il est enfin définitivement rendu à la compagnie. L’âge du navire et les frais important de remise en état faisant, il est, en juin 1922, envoyé sous remorque à Marseille pour y être démoli.

Le paquebot Samarra, ex. Staffordshire de la Bibby Line (1894). Navigue jusqu’en 1923 puis est démoli.

Le paquebot Liger, ex. Tingagel Castle de l’Union Castle Line (Mis en service en 1896). Cédé à la Sud-Atlantique 1912. Il est démoli à Gênes en mars 1923.

Le paquebot Garonna, ex. Avondale Castle de l’Union Castle Line (1897). Navigue de 1912 à 1923 puis est démoli.

Le paquebot Sequana, ex. City of Corinth de la compagnie Ellerman’s City Line (1898). Il est torpillé le 8 juin 1917 près de l’île d’Yeu.

Le paquebot Kaiser Friedrich, de la compagnie Norddeutscher Llyod, (Mis en service en 1898). Est renommé Burdigala. Si le paquebot est confortable, il est gros consommateur de charbon et la qualité de sa machinerie laisse à désirer. Il effectue son unique voyage au départ de Bordeaux le 5 octobre 1912. Le retour est laborieux, ses capacités techniques sont désastreuses. Réquisitionné en 1914 par la Marine nationale il est transformé en croiseur auxiliaire. Il coule en mer Egée, le 14 novembre 1916, après avoir heurté une mine.

 

Paquebot Burdigala
Paquebot Burdigala - Carte Postale

 

Le paquebot Alésia, ex Prinz Adalbert de la compagnie HAPAG (Mis en service le 20 janvier 1903). Acheté en janvier 1917, il n’a pas l’occasion de naviguer sous ses nouvelles couleurs, car il est torpillé, près d’Ouessant, le 6 septembre 1917.

Le paquebot Alba, ex Sierra Ventana de la Compagnie Norddeutscher Lloyd (Mis en service en 1912). Reçu en 1919, en dédommagement de guerre. Après quelques années de navigation pour la Sud-Atlantique, il passe sous le pavillon de la Compagnie des Chargeurs Réunis. Il est démoli en 1936.

Le paquebot Lutetia (Mis en service le 1er novembre 1913). Le 8 février 1914, il aborde le cargo grec Demetrios à la sortie du port de Lisbonne. Sa proue étant enfoncée, il retourne à Saint-Nazaire pour réparations. Réquisitionné le 19 mars 1915, il est transformé en croiseur auxiliaire et transport de troupe pour le corps expéditionnaire français aux Dardanelles. Il est restitué à son propriétaire (la Sud-Atlantique) le 13 octobre 1917. Il est désarmé [Dégarnir un navire de tout ce qui sert à la manœuvre et de son équipage, et qu’on laisse dans un port] en août 1931 et démoli à Blyth (Angleterre).

 

Paquebot Lutetia
Paquebot Lutetia - Carte Postale n° 1

 

Paquebot Lutetia
Paquebot Lutetia - Carte Postale n° 2

 

Le paquebot Gallia (Mis en service le 29 novembre 1913). Il apparaît très vite que ses machines ne donnent pas satisfaction. Il retourne donc aux Chantiers de la Seyne en janvier 1914. Réquisitionné la même année, il est transformé en croiseur auxiliaire en 1915 et transporte des troupes pour l’armée d’Orient. Le 4 octobre, il est torpillé par le sous-marin allemand U35, au large de San Pietro (Sardaigne). On compte plus de 1300 victimes.

 

Paquebot Gallia
Paquebot Gallia - Carte Postale

 

Le paquebot Massilia (Mis en service en 1920). Le paquebot est lancé en 1914, mais la guerre retarde sa finition. C’est seulement en 1920 qu’il est livré à la compagnie. Il assure la ligne vers l’Amérique du Sud jusqu’à son désarmement en 1939. Il est réquisitionné et transformé en transport de troupe en 1940. Le 29 juin, il embarque à Marseille 27 parlementaires réfractaires à Pétain (La honteuse affaire du Massilia). Il reprend ensuite ses fonctions de transport de troupe. En août 1944, alors qu’il est mouillé [action d'immobiliser un bateau au moyen d'une ancre] sur l’étang de Berre, il est capturé par les allemands qui le font couler à l’entrée du port de Marseille, pour le bloquer. Renfloué après la guerre, il est démoli en 1948.

 

Paquebot Massilia
Paquebot Massilia - Carte Postale n° 1

 

Paquebot Massilia
Paquebot Massilia - Carte Postale n° 2

 

Le paquebot Mosella (Mis en service en 1922). Paquebot mixte vendu, après huit ans de service, à la Compagnie des Chargeurs réunis.

Le paquebot Meduana (Mis en service en 1923). Paquebot mixte vendu en 1928 à la Compagnie des Chargeurs réunis et prend le nom de Kerguelen. Démoli en 1955 à Anvers.

Le paquebot L’Atlantique. Construit à compter de 1928 aux Chantiers de L’Atlantique de Saint-Nazaire. Démoli en 1936.

 

Paquebots affrétés (classés par date de mise en service)

 

Le paquebot La Champagne (Mis en service en mai 1886). Le paquebot est affrété en novembre 1912 auprès de la Compagnie Générale Transatlantique.

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne - Carte Postale n° 1

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne - Carte Postale n° 2

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne - Carte Postale n° 3

Suite à une tempête, La Champagne s’échoue, le 28 mai 1915, vers 3 heures du matin, à l’entrée du port de Saint-Nazaire. Son équipage et ses passagers sont transportés à terre par le remorqueur Athlète de la Marine Nationale. Dans la matinée, à marée basse, le paquebot se casse en deux. Irréparable, il est vendu à la démolition.

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne après l'échouement - Carte Postale n° 4

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne après l'échouement - Carte Postale n° 5

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne après l'échouement - Carte Postale n° 6

 

Paquebot La Champagne
Paquebot La Champagne après l'échouement - Carte Postale n° 7

 

Le paquebot L’Atlantique (1899) est affrété en 1912 auprès de la Compagnie des Messageries Maritime. Torpillé le 9 mai 1918, par le sous-marin allemand UB52, il réussit à se réfugier à Bizerte (Tunisie) où il est réparé. En 1920, il subit une refonte totale et reprend son service en 1921 sous le nom de Angkor pour la Compagnie des Messageries Maritimes. Retiré du service en 1933, il est détruit à la Seyne en janvier 1933.

 

Paquebot L'Atlantique
Paquebot L'Atlantique - Carte Postale

 

Le paquebot mixte Guadeloupe (Mis en service en 1906 sous le nom de Pointe-à-Pitre). Est affrété en 1915 auprès de la Compagnie Générale Transatlantique. Le 23 février 1915, alors qu’il est en route vers Bordeaux, il est arraisonné par le croiseur auxiliaire Kronprinz Wilhelm, de la Norddeutscher Lloyd, et est sabordé le 25 février, après que ses passagers et son équipage aient été transbordés sur le vapeur anglais Chase Mill.

 

Paquebot Guadeloupe
Paquebot Guadeloupe - Carte Postale

 

Le cargo mixte Pérou (Construit en 1907 sous le nom de Fort-de-France. Mis en service en 1908) est affrété en 1915 auprès de la Compagnie Générale Transatlantique. Durant la première guerre mondiale, il est affecté à la fois au service commercial et comme transport de troupe. Désarmé le 7 décembre 1931 en baie de Roscanvel (Rade de Brest). Est détruit en mai 1934.

Le cargo mixte Floride (1907) est affrété en 1913 auprès de la Compagnie Générale Transatlantique. Le 19 février 1915, alors qu’il navigue au large de l’île de Fernando Noronha (NE du Brésil), il est arraisonné par le Prinz Eitel Friedrich de la Norddeutscher Lloyd et est sabordé par son équipage.

Le paquebot Valdivia (1911) est affrété en janvier 1913 auprès de la Société Générale des Transports Maritimes à Vapeur (SGTM). En juin 1915, il est affrété par le Gouvernement Britannique qui l’utilise comme navire hôpital. En octobre 1919, il est restitué à la SGTM qui fait effectuer des travaux de remise en état. Il reprend son service en octobre 1920 sous les couleurs de la Compagnie Lloyd Latino, filiale de la SGTM. Désarmé à Marseille en avril 1932, il est vendu pour démolition à l’Italie en mai 1933.

 

Paquebot Valdivia
Paquebot Valdivia - Carte Postale n° 1

 

Paquebot Valdivia
Paquebot Valdivia - Carte Postale n° 2

 

Paquebot Valdivia
Paquebot Valdivia - Carte Postale n° 3

 

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Le paquebot L’Atlantique

En 1928, la Sud-Atlantique assure le service vers l’Amérique du Sud avec seulement deux paquebots : le Lutetia et le Massilia. En avril 1928, est ratifié un accord entre la compagnie et le Gouvernement français, pour la construction de deux nouveaux paquebots, la construction d’un premier navire devant débuter dès que possible, ce sera L’Atlantique, puis, plus tard, le second navire, qui sera le Pasteur, lancé le 15 février 1938.

La première tôle du paquebot P06, futur L’Atlantique, est posée le 28 novembre 1928 aux Chantiers et Ateliers de Penhoët, à Saint-Nazaire.

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique, sur cale, en 1929

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Paquebot L'Atlantique
Carton d'invitation pour le lancement

 

Le 14 avril 1930, un vent d’ouest très violent contraint à annuler le lancement. Cependant, les cérémonies prévues sont maintenues. De nombreux invités sont présents à Saint-Nazaire parmi lesquels Louis Rollin, ministre de la Marine marchande, Alphonse Rio, sous-secrétaire d’état à la Marine militaire, de nombreux ministres et ambassadeurs du Brésil, de l’Uruguay, du Paraguay, de l’Argentine, de la Bolivie, de l’Espagne et du Portugal. Une cérémonie religieuse précède le baptême du paquebot par sa marraine, Marguerite Cyprien-Fabre. Après le banquet, servi dans la salle de réunion des chantiers de l’Atlantique, les invités s'en vont... Ce n’est que le lendemain, 15 avril, le vent s’étant calmé, que le navire de 226,65 mètres est mis à l’eau, à 17h45.

 

Paquebot L'Atlantique
Lancement de L'Atlantique - Photo 1

 

Paquebot L'Atlantique
Lancement de L'Atlantique - Photo 2

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue L'Illustration du 26 avril 1930

 

Visionner l'article sur le lancement de L'Atlantique

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Paquebot L'Atlantique
Plaquette Draeger

 

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Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique en construction à Saint-Nazaire

 

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Paquebot L'Atlantique
Autorisation de circuler à bord du 22 juin 1931

 

 

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Paquebot L'Atlantique
Dépliant de juillet 1931 - Tarif n°1

 

Visionner le dépliant des tarifs

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Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique à Saint-Nazaire, à la veille de son départ

 

Le 18 août 1931, L’Atlantique quitte Saint-Nazaire à destination de Brest afin d’effectuer ses 1er essais et pour subir des opérations de carénage dans une des grande formes. Le mauvais temps oblige à reporter les essais prévus. Le 24 août, le paquebot entre au bassin. Opération délicate, car la largeur du bassin excède de peu la largeur du navire.

Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique à Brest, le 24 août 1931

 

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Paquebot L'Atlantique
Plan provisoire de L'Atlantique

 

Visionner le plan de "L'Atlantique"

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Cartes Postales - Les aménagements pour la 1ère classe

Pont des Sports

 

Pont des Sports

 

Pont des Sports

         

Pont B

 

Pont B (La Chapelle ouvre sur le Salon ovale)

             

 

Pont B

 

Pont B

                       

Pont B

 

Pont B

                       

Pont C

 

Pont E

                       

Pont E

 

Pont E

                       

 

 

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Cartes Postales - Les aménagements pour la seconde classe

Pont C

 

Pont C

 

 

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Paquebot L'Atlantique
Dépliant d'août 1931 - L'Amérique du Sud par le paquebot de luxe "L'Atlantique"

 

 

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Paquebot L'Atlantique
Paquebot L'Atlantique - Médaille commémorative

 

Le mauvais temps passé, le paquebot reprend ses essais, au large de l’île de Groix, située face à Lorient. La vitesse de 23,85 nœuds est atteinte, vitesse bien supérieure à celle demandée contractuellement (21 nœuds).

L’Atlantique retourne au Havre le 7 septembre 1931 pour des travaux de finition et y compléter son armement.

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Paquebot L'Atlantique
Revue L'Illustration du 19 septembre 1931

 

Visionner l'article concernant L'Atlantique

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Paquebot L'Atlantique
Visite de L'Atlantique - Menu wagon restaurant du 21 septembre 1931

 

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Le paquebot effectue les 23 et 24 septembre, une courte croisière au large des côtes d’Angleterre, avant de rejoindre Bordeaux-Pauillac depuis le Havre.

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Paquebot L'Atlantique
Menu du 23 septembre 1931

 

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La Sud-Atlantique souhaitait que son navire soit immatriculé au Havre, mais c’était sans compter sur les élus Girondins qui revendiquaient Bordeaux comme port d’attache… Il en était d’ailleurs ainsi pour les autres paquebots de la compagnie. C’est donc Bordeaux qui fut choisie.

La gare maritime du Verdon étant en construction et les problèmes techniques posés pour la remontée de la Gironde (Bordeaux se situant à peu près à 100 km de l’estuaire) pour un paquebot de cette taille et de ce tonnage étant nombreux, les compagnies d’assurance (69 compagnies françaises et étrangères impliquées dans l’assurance du navire) refusant d’assurer le paquebot au départ de Bordeaux, c’est l’appontement de Pauillac-Trompeloup, transformé et modernisé pour l’occasion, qui accueillera L’Atlantique.

Le 26 septembre 1931, un banquet présidé par Monsieur de Chappedelaine, ministre de la Marine marchande, est donné à bord.

Carte Postale de L'Atlantique

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

Le 29 septembre 1931, le paquebot entame son voyage inaugural. Le capitaine Charmanson est à la manœuvre. Ce marin a fait la majeure partie de sa carrière à la Sud-Atlantique. Le paquebot fait une brève escale à Vigo le 30 septembre.

Paquebot L'Atlantique
Menu du 30 septembre 1931

 

Le 1er octobre, L’Atlantique fait escale à Lisbonne. Il arrive à Rio le 9 octobre, à Santos le lendemain, à Montevideo et à Buenos Aires le 12 octobre. Cette première traversée est un succès. La mer a été belle, les festivités à bord se sont succédé et les passagers ont été invités à visiter le navire de fond en comble. A Rio et à Buenos Aires, des banquets, bals et galas sont organisés, ainsi que des visites complètes du navire. Après 4 jours d’escale, le navire reprend la mer le 17 octobre en direction de Bordeaux-Pauillac où il arrive le 31 octobre, en fin de journée.

Deux paquebots français effectuent maintenant la rotation vers l’Amérique du Sud : L’Atlantique et le Massilia. Le Lutetia est, quant à lui, retiré du service.

L’Atlantique reprend la mer pour son second voyage le 5 novembre, avec à sa tête le capitaine Schoofs, le capitaine Charmanson ayant pris sa retraite. Il fait escale à Rio le 15 et arrive à Buenos Aires le 18. Départ le 22 novembre pour une arrivée à Pauillac le 5 décembre 1931.

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue L'Illustration du 14 novembre 1931

 

Visionner l'article concernant L'Atlantique

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Troisième rotation à partir du 10 décembre au départ de Pauillac, avec une arrivée le 23 décembre à Buenos Aires. Départ le 3 janvier, et retour sur Pauillac le 16 janvier 1932.

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique

 

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Paquebot L'Atlantique
Dépliant de janvier 1932 - Horaires de mars à juin 1932

 

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Le 21 janvier 1932, L'Atlantique passe en cale sèche, au Havre. Outre un radoubage [opérations de réparation et nettoyage de la coque] quelques travaux d’amélioration doivent être apportés au paquebot.

La compagnie en profite pour faire rehausser les cheminées de 7 mètres, ce qui est fait à compter du 27 janvier. La hauteur de ces dernières passe alors à 19 mètres. En effet, durant certaines traversées, le vent rabattait les fumées des cheminées sur les ponts, gênant considérablement les activités de plein air destinées aux passagers.

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique avec ses nouvelles cheminées

 

Le 27 février, les travaux étant terminés, L’Atlantique rejoint Pauillac d’où il débute, le 3 mars, son quatrième voyage vers l’Amérique du Sud. Il arrive à Buenos Aires le 16 mars. Départ de Buenos Aires le 20 mars pour une arrivée à Pauillac le 2 avril.

Cinquième voyage du 7 au 20 avril pour l’aller et du 24 avril au 7 mai pour le retour.

Sixième voyage du 12 au 25 mai pour l’aller et du 29 mai au 11 juin pour le retour.

Septième voyage du 16 au 29 juin pour l’aller et du 3 au 16 juillet pour le retour.

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique à Pauillac

 

Nouveau passage au Havre pour un arrêt technique du 20 juillet au 10 septembre. Avant de passer en cale sèche, le paquebot est ouvert aux visites du 21 juillet au 16 août. Un public nombreux vient visiter le navire.

Paquebot L'Atlantique
Carte pour une visite du paquebot le 8 août 1932

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique en cale sèche, au Havre

 

Paquebot L'Atlantique
Photo durant une visite de L'Atlantique en juillet-août

 

Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique au Havre, le 5 septembre 1932

 

Huitième voyage du 15 au 28 septembre pour l’aller et du 2 au 15 octobre pour le retour.

Carte postale (cheminées ancienne version) écrite depuis le bord en septembre 1932

 

Neuvième voyage du 20 octobre au 2 novembre pour l’aller et du 6 au 19 novembre pour le retour.

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique passant devant Royan

 

Paquebot L'Atlantique
Carte Postale de L'Atlantique passant devant Saint-Palais-sur-Mer

 

Dixième, et dernier, voyage du 24 novembre au 7 décembre pour l’aller et du 16 au 29 décembre pour le retour.

Le 3 janvier 1933, vers 6 heures du matin, le paquebot quitte Pauillac pour le Havre. Il n’y a pas de passagers à bord et l’effectif de son équipage habituellement de 650 personnes est réduit à 229 personnes. Le 4 janvier, à 4h30, les sonneries de l’alarme incendie retentissent. Un matelot a découvert une fumée suspecte sortant de la cabine de 1ère classe numéro 232, sur le pont E.

Il prévient les veilleurs de nuit qui avisent la passerelle [Poste de commandement du navire]. Le commandant Schoofs et son second, le capitaine Gaston se rendent sur place. On les conduit au niveau des cabines 232 et 234. Une des deux portes est ouverte et laisse échapper des volutes de fumée. Une équipe de sécurité arrive avec le matériel nécessaire mais, il est déjà impossible de se rendre compte de l’étendu du sinistre tant la fumée est épaisse. La lutte contre l’incendie s’organise ; le commandant fait ouvrir des hublots et les portes de la coupée centrale pour essayer d’évacuer les fumées suffocantes que même les masques ne peuvent contenir. Un feu dans le hall de la première classe et un autre au pont C semblent circonscrits vers 5 heures. Mais bientôt celui du hall reprend. Le commandant, qui a regagné la passerelle, décide alors d’en informer la compagnie à Bordeaux et lui adresse le message suivant : « Incendie à bord. Espérons nous rendre maître du fléau. Faisons route vers Cherbourg », avant de rejoindre à nouveau la galerie du pont E, pour constater où en est la situation. Elle est sérieuse et l’incendie se propage. Les hommes suffoquent et bientôt les cloisons vernissées des cabines s’embrasent. Le commandant fait alors lancer un SOS. Plusieurs navires arrivent sur place. La situation s’aggrave, et quatre heures après le début de l’incendie, le commandant, qui sait son navire perdu, décide l’évacuation du paquebot. 4 canots à tribord sont descendus non sans difficulté, la gite du navire faisant racler les canots contre la coque. De plus, l’état de la mer et la violence du vent rendent l’opération dangereuse. Un cinquième canot dans lequel a pris place du personnel de la salle des machines, officiers et chauffeurs, est descendu, mais le feu empêche l’opération de se dérouler normalement et le canot est stoppé à 10 mètres au-dessus de l’eau avant que le feu ne brûle le filin du palan arrière et n’envoi tous les occupants à la mer… Heureusement, des embarcations sont rapidement sur place pour les recueillir. Une partie de l’équipage évacue le navire par les échelles et saute à la mer. Tous sont récupérés par des canots de L’Atlantique ou de navires sauveteurs. Un autre groupe de 13 personnes, à la tête duquel figure le commandant, s’est réfugié à l’avant du navire. La seule possibilité de fuir le paquebot en flamme est de se laisser glisser dans l’eau à l’aide d’un filin. L’ensemble de ce groupe est repêché par les canots du cargo hollandais Achille excepté le commandant qui est recueilli par un canot du cargo anglais Ford Castle. 211 survivants sont débarqués à Cherbourg.

Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique en flamme - Wide World Photos

 

Quant à l’épave de L’Atlantique, elle est, au milieu de l’après-midi du 4 janvier, placée sous la surveillance du mouilleur de mine Pollux et deux remorqueurs du port de Cherbourg sont dépêchés par le préfet maritime, le vice-amiral Le D’O. Deux premiers hydravions sont envoyés au-dessus de l’épave pour faire le point sur la situation. Un peu plus tard deux nouveaux hydravions sont envoyés sur les lieux. Les pilotes confirment la gravité de la situation : « Nous sommes descendus à 150 mètres environ. Le foyer est tellement énorme à l’intérieur que, le long des parois du bord, on voit ruisseler la peinture… ».

Le vice-amiral a ordonné l’ordre au commandant du Pollux de ne laisser monter personne à bord, afin de laisser le droit de prise aux seuls français.

Dans la nuit du 4 au 5 janvier, un vent fort de sud sud-ouest entraîne L’Atlantique, qui brûle toujours, vers la côte anglaise, face à Portland Bill. Plusieurs remorqueurs français et étrangers (Hollandais, Allemands…) se dirigent vers l’épave. Aucun des remorqueurs n’intervient tant la force de l’incendie et la gîte du navire laisse à penser qu’il va couler. Le 5 janvier, en fin de nuit, l’incendie diminue d’intensité. En fin de matinée, le vent tourne et dirige le navire vers les côtes françaises.  Vers 13h15, le feu diminuant de plus en plus, c’est la ruée des remorqueurs qui, pour beaucoup, prennent des risques pour accrocher l’épave. C’est un remorqueur français, appartenant à la Compagnie Générale Transatlantique qui le premier réussit à passer un filin au navire et commence à le remorquer vers 13h30. Mais deux remorqueurs, un hollandais et un allemand, ne respectent pas cette prise et accrochent à leur tour des filins à l’épave, contrariant ainsi la traction du remorqueur français. Deux autres remorqueurs Abeille du Havre réussissent à accrocher l’épave, deux hommes montent à bord, et accrochent le pavillon de la compagnie à l’arrière du navire. Vers 16h00, ces deux hommes sont récupérés. Trois hollandais réussissent à monter à bord depuis un remorqueur qui réussit à couper les filins des « Abeilles » en passant dessus…

Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique - Wide World Photos

 

A Cherbourg, à peine débarqué, le commandant Schoofs demande à pouvoir remonter sur son navire. 15 hommes de l’équipage de L’Atlantique se portent volontaires pour l’accompagner. Transférés à bord d’un des remorqueurs Abeille ils doivent attendre avant de pouvoir accéder à l’épave, l’état de la mer n’autorisant pas son accès. A l’aube, un nouveau bras de fer reprend avec le remorqueur allemand. Le commandant Schoofs demande à un de ses hommes de monter à bord. Hélas, pendant l’opération, ce dernier a un pied broyé lorsque le remorqueur français est soudainement soulevé par une vague. Il est transféré à l’hôpital de Cherbourg où il sera amputé. L’accident met un frein à cette bataille et tous les remorqueurs, français, hollandais et allemands, se groupent pour remorquer l’épave vers Cherbourg.

Le 7 janvier, à 0h25, L’Atlantique est mouillé dans la partie est de la rade. Les pompiers de l’arsenal achèvent d’éteindre l’incendie qui s’amenuise, tout ayant été brûlé. On trouve les cadavres de trois chauffeurs dans la chaufferie du navire.

Paquebot L'Atlantique
L'Atlantique rejoint Cherbourg

 

Le 7 janvier, à 0h25, L’Atlantique est mouillé dans la partie est de la rade. Les pompiers de l’arsenal achèvent d’éteindre l’incendie qui s’amenuise, tout ayant été brûlé. On trouve les cadavres de trois chauffeurs dans la chaufferie du navire.

Paquebot L'Atlantique
L'Atlantique en rade de Cherbourg - Photo de presse Cherbourg Éclair

 

Le lendemain, l’épave est mise à quai près de la nouvelle gare maritime qui n’a pas encore été inaugurée [ce sera fait le 30 juillet 1933]. Les pompiers continuent à refroidir l’intérieur du navire, et coupent le mat avant qui s’est effondré. On trouve encore 8 cadavres à bord, ce qui porte à 18 le nombre de victimes.

Paquebot L'Atlantique
Un cercueil est évacué de l'épave - Photo de presse Cherbourg Eclair

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue Le Miroir du Monde du 7 janvier 1933

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue Le Miroir du Monde du 14 janvier 1933

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue Le Soir Illustré du 14 janvier 1933

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue L'Illustration du 14 janvier 1933

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue Le Grand Hebdomadaire Illustré du 15 janvier 1933

 

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Paquebot L'Atlantique
Revue Science et Monde du 19 janvier 1933

 

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Le 20 janvier 1933 à lieu à l’Assemblée Nationale un débat, à la suite de l’interpellation du ministre de la Marine marchande par plusieurs députés. L’ordre du jour étant :

  • Etablir les causes du sinistre ;
  • Rechercher et établir les responsabilités ;
  • Prendre des mesures immédiates et les sanctions énergiques qui s’imposent ;
  • Assurer une sécurité sur les lignes maritimes françaises ;
  • Prendre des mesures pour les nouvelles constructions de paquebots ;
  • Tirer les enseignements de ces tragédies (celle du paquebot Georges Philippar [Paquebot de la compagnie des Messageries Maritimes qui brûla le 16 mai 1932, au retour de sa croisière inaugurale, et fit 54 victimes parmi les passagers, dont l’écrivain Albert Londres] et celle du paquebot L’Atlantique).

Si l’utilisation massive de bois, de vernie et de caoutchouc est incriminée, l’incendie criminel est lui évoqué avec des témoignages sur des départs de feu à divers endroits du navire…

Les experts désignés par le Tribunal de commerce de Cherbourg constatent que les fonds du navire n’ont pas trop souffert et que l’on peut envisager une reconstruction évaluée à 196 378 000 francs ou à 208 000 000 francs en cas de fonds déformés. En février, la compagnie demande au Tribunal de commerce de rendre un jugement déclarant le paquebot non navigable, afin, par la suite, d’abandonner l’épave aux assureurs.

En mars la Sud-Atlantique est prête à donner la propriété entière de l’épave aux assureurs, moyennant le versement des sommes que les 69 compagnies ont garanties. Mais les compagnies refusent tout paiement tant que les causes exactes de la perte du navire ne sont pas connues. Autre conséquence du refus des assureurs : l’épave noircie encombre le quai d’accostage de la gare maritime.

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Paquebot L'Atlantique
Épave de L'Atlantique à la gare maritime de Cherbourg - Carte postale n° 1

 

Paquebot L'Atlantique
Épave de L'Atlantique à la gare maritime de Cherbourg - Carte postale n° 2

 

Paquebot L'Atlantique
Épave de L'Atlantique à la gare maritime de Cherbourg - Carte postale n° 3

 

La chambre de commerce met alors en demeure la Sud-Atlantique de transporter l’épave dans un autre endroit. Le 12 mars, on retrouve les ossement d’une victime dans la cabine de l’officier en second, ce qui porte le nombre de victimes à 19 au total.

Dans la revue Yacht du 17 avril 1933 on lit : « Le ministre des Travaux Publics en accord avec celui de la Marine marchande a signifié aux armateurs [La compagnie de Navigation Sud-Atlantique] qu’il ferait procéder d’office, à leurs frais, risques et périls au déplacement de l’épave ». Le 20 juillet le ministre de la Marine accepte enfin de prêter la forme du Homet, grande forme de radoub situé dans le port militaire de Cherbourg, à deux conditions : que l’épave n’y reste pas plus de deux semaines et qu’une caution soit versée. Elle y restera jusqu’en février 1936, occasionnant une facture de 1 250 000 francs…

Le feuilleton juridique démarre le 27 mars 1933, date à laquelle le procès est appelé devant la première chambre du tribunal de commerce de la Seine et se termine en août 1935, date à laquelle la cour de cassation confirme tous les jugements précédents en rejetant le pourvoi formé par les compagnies d’assurance. L’incendie criminel est confirmé. Les assurances règleront tous les frais : les 170 900 000 francs pour le paquebot, les 1 250 000 francs de location de la forme Homet, et les 50 millions réclamés par les sociétés de sauvetage pour le remorquage de l’épave vers Cherbourg…

En février 1936, l’épave est vendue à Smith & Houston de Port Glasgow. Le 29 février, le paquebot est remorqué vers le poste n° 2 du quai transatlantique et après quelques travaux pour le rendre navigable, il quitte définitivement Cherbourg le 6 mars, tiré par quatre remorqueurs hollandais.

Le convoi arrive à l’embouchure de la rivière Clyde (Ecosse) le 13 mars 1936. Le 24 mars 1936, le nouveau paquebot de la Cunard, le RMS Queen Mary quitte les Chantiers John Brown & Co Ltd pour Southampton. Il croise  L’Atlantique et le salue.

Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique sur la Clyde - Copyright P.A. Vicary

 

Paquebot L'Atlantique
Photo de L'Atlantique tiré par les remorqueurs - Copyright United Press Photo

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les ouvriers du chantier Smith & Houston peuvent rallumer une chaudière et mettre en route les auxiliaires. C’est ainsi que le paquebot fournit l’électricité nécessaire aux appareils destinés à le détruire… Triste fin et triste retour d’expérience qui permettra aux Chantiers de l’Atlantique de renforcer la sécurité incendie sur le paquebot Normandie dont la magnificence n’aura pas d’égal sur les mers…

Paquebot Normandie
Carte Postale du paquebot Normandie

 

Sources principales:

Paquebot L'Atlantique
Livre - "L'Atlantique queen of the south Atlantique"

 

Paquebot L'Atlantique
Livre - "L'incendie de L'Atlantique"

 

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Rédigé par Gérard

Publié dans #Collection

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